Phases de diffusion

Première phase de diffusion (moitié du 7ème siècle)

songtsen_gampo

La première période de diffusion a lieu avec le premier roi bouddhiste, Songtsen Gampo (569-650), il donna sa sœur en mariage afin de renforcer les liens diplomatiques avec le royaume du Shang Shoung, et prit lui-même pour épouse une princesse du Shang Shoung. Par la suite, il demanda la  main d’une princesse chinoise à l’empereur T’ai Tsoung de la dynastie des t’ang. Quand la princesse Wencheng Konjo vint au Tibet, elle y amena de précieux livres d’astrologie et des statues, notamment une statue du Bouddha Jobo Sakyamuni.  Elle arriva accompagnée de toute une suite de lettrés, de médecins et d’astrologues chinois qui contribuèrent au développement de l’astrologie et était elle-même une experte en science et en médecine. Ainsi l’ancienne astrologie basée sur  les principes de la culture Zhang Zhung à été influencé par l’astrologie classique chinoise. Wencheng Konjo emporta avec elle les 15 Gabtshe ou textes cachés de l’astrologie royale chinoise qui seront ensuite traduits en tibétain. Elle était également une experte un fengshui  et elle guida la construction du fameux temple de Jokhang. Dès cette époque, les Tibétains nomment leurs années selon le système des animaux, sans toutefois encore utiliser les cycles des 60 ans. A la même période, quatre élèves furent envoyés en Chine pour étudier l’astrologie avec le maître chinois Bar-ba Tshom-tshom. Ensemble, ils traduiront neufs tantras, trois commentaires, et quinze divinations. C’est à cette époque que le ministre Thönmi Sambhota, aidé par des Pandits indiens, fixa définitivement l’écriture tibétaine classique. Après l’assassinat du roi Ligmirkya du Shang Shoung, le Tibet annexa ce pays qui cessa d’exister en tant que royaume indépendant.

Deuxième phase de diffusion (début du 8ème siècle)

Durant la période intermédiaire, sous le règne du roi Mesag Tsom et la reine Jincheng, les sept tantras et  les commentaires, présent dans le Beryl Blanc seront traduits. D’autres traductions auront lieu lorsque la grande école chinoise du Mahayana visitera le Tibet.

Troisième phase de diffusion (fin du 8ème siècle)

La troisième période, dite période tardive, a lieu sous le règne du  grand roi Trisongdetsen (755-797). Sous son règne de très nombreux échanges culturels eurent lieu avec toute l’Asie. L’astrologie tibétaine s’enrichit alors de nouveaux apports, tant indiens que chinois.

Ce dernier invita le grand maître Semsbrtse de la Chine, qui enseigna les divinations des quatre portes: la porte ou divination de l’Est, qui concerne les obstacles annuels, la porte ou divination du Sud qui concerne les relations de mariage, la porte de l’Ouest qui concerne la géomancie, et la porte ou divination du Nord qui concerne les calculs  relatifs à la mort. Il enseigna également les sept attributs, et donna  beaucoup d’instructions pour la construction de palais, temple, stupa et habitation ordinaire. À la fin de cette période, dite de la première période de traduction, tous les textes concernant l’astrologie des éléments, transmis par le Boddhisattva Manjushri, sont traduits et la majorité de ces textes sont alors cachés en tant que trésor de la doctrine pour le bénéfice de générations futures. Certaines de ces traductions sont attribuées au célèbre traducteur Vairocana.

Première diffusion du Bouddhisme (fin du 8ème siècle)

À cette même époque, Trisongdetsen invita également Shantarakshita, un célèbre pandit indien, afin d’établir le bouddhisme au Tibet. Les nombreux obstacles auxquels il se confrontait étaient causés par la résistance des prêtres bön et des déités locales. Shantarakshita suggéra au roi d’inviter le grand maître tantrique Padmasambhava ou Guru Rinpotché, « Le Précieux Maître », qui dissipa alors les obstacles à l’établissement du bouddhisme. Il eut vingt-cinq principaux disciples, parmi lesquels le roi lui-même, qui atteignirent tous une haute réalisation spirituelle. Il instaura une lignée de transmission orale de maître à disciple (kama), et la transmission raccourcie des trésors cachés (terma). Padmasambhava quitta miraculeusement le pays pour poursuivre son œuvre en d’autres lieux, après avoir ainsi assuré la première diffusion du bouddhisme au Tibet. Au 7ème siècle il fonda l’école bouddhiste des Nyingmapa, « L’école des Anciens ».

Deuxième diffusion du Bouddhisme (Dès la moitié du 9ème siècle)

Vers 840, sous l’instigation du roi Langdarma qui cherchait à renforcer le pouvoir royal, les religieux subirent une persécution systématique. Après son assassinat régnera durant une centaine d’années un chaos politique. Puis, peu à peu le bouddhisme renaît ra grâce à une seconde diffusion. Cette période correspond à la phase intermédiaire de  traduction des textes d’astrologie. Le traducteur Rinchen Zangpo invita le grand maître indien Atisha, puis vint Marpa Lotsawa, le yogi poète Milarepa fondateur de l’école Kagyupa, et Khön Köntchok Gyalpo fondateur de l’école Sakyapa. Durant la phase tardive de traduction des textes d’astrologie, d’importants travaux seront traduits tel que : Le cycle des cinq mères et trois fils de la lampe qui éclaircit, ou encore le rassemblement de tous les éléments précieux… .. Atisha joua un grand rôle dans la diffusion du tantra de kâlachakra introduit au Tibet vers 1025, avec tous les principes de l’astrologie ésotérique qu’il contient. L’école Gelugpa est fondée au XVe siècle par Djé Tsongkhapa. Aussi, le régent du Ve Dalaï Lama (1617-1682) , son ministre Dési Sangyé Gyatso (1653-1705) est l’auteur d’un important ouvrage qui regroupe toute l’astrologie traditionnelle tibétaine, le Vaidurya Karpo et le supplément Bedurya-Yasel qui sont devenus des livres  de référence pour tous les astrologues. Actuellement, les termas, ou trésors cachés, constituent une autre source de transmission, au travers desquelles ces anciens enseignements sont revitalisés dans un cadre contemporain et diffusés plus largement. Les textes termas d’astrologie sont cachés dans des boîtes protégées par de la peau de tigre, les textes d’astrologie dans des boîtes faites de peau de léopard, et les textes de magie noire dans des boîtes de  peau d’ours. La majorité de ces trésors cachés ont été trouvés par des Tertons Tibétains après le 10 siècle, l’âge noir du Tibet. Depuis le début du 20ème siècle, le Mentseekhang de Lhasa, la maison de l’astrologie et de la médecine, enseigne l’astrologie et a formé un grand nombre d’astrologues qui ont diffusé cette dernière dans le monde entier.

L’astrologie tibétaine traditionnelle a développé un système unique, très complexe qui unifie l’essence de plusieurs systèmes. Ce système est utilisé quotidiennement encore de nos jours , dans les villes himalayennes du Tibet, au Bhutan, Népal, Mongolie, dans la partie himalayenne de l’Inde, au Ladakh, etc.… .

Enfin, plusieurs courants se sont  développés durant ce dernier siècle. Le courant de l’astrologie Bompos, celui de l’astrologie Phuglug, la plus importante et la plus présente, et celui de l’astrologie  Tshurtsie  qui s’est développée au monastère Tshurphu du Karmapa et qui appartient à la lignée Karma Kagyu. L’astrologie Gedhen Shartse,  quant à elle fut développée par l’école Gelugpa, etc… .

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