Extrait du récit de Padma Thang Yig
(biographie de Guru Rimpotche)

Le Bouddha Shâkyamuni ayant par quatre fois déjà tourné la Roue du Dharma en Inde, conçut le dessein de guider le royaume chinois vers le Dharma.
Il  fit donc tourner la Roue de la Doctrine au pays de Chine.
Il y enseigna les bienfaits de la vertu et les maux des actes négatifs
Mais tous ceux qui l’écoutaient étaient ignares et lançaient des injures.
Ne pouvant les dompter par l’enseignement de la vérité absolue,
Il se retira découragé au Pic des Vautours
Et songea à les dompter par l’enseignement de la vérité relative.
Au lieu dit « La Montagne des Cinq Pics », en Chine,
Dont les cimes sont auréolées des rayons lumineux des cinq couleurs
Et parées des cinq sortes de stûpas,
Croît un arbre Jamburtrisha.
Jailli de l’Ushnisha du Bouddha, un rayon lumineux jaune y pénétra
Et celui que l’on nomme Manjushri, l’éminent Seigneur de la Science suprême,
Naquit miraculeusement d’une excroissance de l’arbre.
Immuable comme l’or,
Sans père géniteur ni mère qui l’ait enfantée,
Exempt de souillures des fautes du Samsara,
Il brandit de la main droite l’épée de la Sagesse
Et dans la gauche, il tient la tige d’un lotus Utpala surmonté d’un livre.
A la cime de sa tête, sur un feuillet bleu
Jaillit une tortue d’or nimbée d’arc-en-ciel des cinq couleurs.
Elle plonge au fond du fleuve Sutasiri
Tandis que de l’écume émerge une tortue blanche,
Et mâle et femelle s’accouplent
Engendrant à leur tour cinq sortes de tortues
Alors le Sage des Sakyas émit un rayon immaculé vers le monde des dieux
Et la déesse Namgyalma, Toute parée,
Se présenta aux pieds du Noble Manjushri
Manjushri prit dans sa paume la tortue née de lui et dit :
« Voici la Grande Tortue d’or »
Puis il énonça les sept tantras  qui essentialisent la tortue des origines
Et expliqua les vingt et un mille calculs de la durée de vie,
Les vingt et un mille calculs concernant les morts
Les  vingt et un mille calculs du mariage,
Les vingt et un mille calculs de géomancie,
Soit quatre-vingt-quatre mille méthodes de calculs
Tous les êtres animés du monde de Jambudvipa
S’assemblèrent pour écouter l’explication de la science astrologique de la vérité relative mondaine
Mais incapables d’écouter le Dharma, celui-ci déclina.
Le Noble Manjushri pensa alors en son cœur
« Ceux que l’on sait incapable d’écouter la vérité ultime du Bouddha
Se sont assemblés et prêtent foi à mes explications de la Vérité relative. Certes, cette astrologie n’a point décliné, mais le Sublime Dharma ne se répand pas »
Ces quatre-vingt-quatre mille méthodes de la science astrologique,
Il les déposa à l’intérieur d’un grand reliquaire de cuivre scellé
Et les dissimula en guise de trésor au Nord-est de la Montagne des Cinq Pics.
Alors, sur tous les êtres animés des trois domaines
S’abattirent une vie brève, des maladies variées, un épuisement des ressources et le dépérissement,
Un mauvais bétail pour les nomades, des années de calamité pour les Tibétains,
Famines, guerres, luttes, épidémies et épizooties.
Du sommet de la blanche montagne du Sud-est,
Le bodhisattva Avalokiteshvara
S’en fut auprès de Padmasambhava, le fils des Vainqueurs et dit :
« J’ai par trois fois vidé le samsara  jusqu’en ses tréfonds
Et pensant qu’il n’y restait plus un seul être, j’ai regardé du Mont Potala :
Comme tout était redevenu comme auparavant, les larmes me vinrent aux yeux »
Il prit son annulaire puis le lâcha en faisant cette prière de souhait pour tous les êtres :
« Qu’en transmigrant, Gangchoung renaisse en Samvari !
Qu’elle ait quatre fils et que tu sois l’aîné des trois autres.
A tous ces maux qui affligent les êtres animés,
Les trésors cachés de la science astrologique sont la réponse.
Manifeste-toi sous l’apparence de Brahmâ et exhume ces trésors !
Du fait des tourments et malheurs de tous les êtres, tu enseigneras ces préceptes oraux ! »Ce qu’ayant dit, il s’en retourna au mont Potala.
Alors, le Guru Né-du-Lotus
Prit l’apparence du fils divin Brahmâ à quatre visages
Et se rendit aux pieds de l’Eminent Manjushri
« O Manjuhshri, bien que de telles analyses ne relèvent point du domaine de l’Absolu,
Mais de celui de la vérité conventionnelle, elles sont utiles aux êtres.
Extrait du trésor ces calculs et daigne m’en expliquer le sens ! »
A cet instant même surgit la déesse Namgyalma,
Ainsi que Takshaka, souverain des Naga aux sept têtes de serpent,
Et comme il l’avait promis, Manjushri puisa dans le trésor.
Il tendit un dais de peau bleue en l’étirant à l’aide des roues d’un char
Et exposa les quatre vingt quatre mille moyen de calculs développés…

Sous le nom de Brahmâ aux quatre Visages,
Padmasambhava donna les quatre tantras généraux de Brahmâ sur la science astrologique :
De son visage blanc regardant l’Orient, il énonça clairement l’astrologie des vivants ;
De son noir visage tourné vers e Nord, il proféra la Plaque de Cuivre de l’Astrologie des morts ;
De son visage rouge tourné vers l’Ouest, il dévoila la quadruple splendeur de l’astrologie des mariages;
De son visage jaune tourné vers le Sud, il énonça l’amas de joyaux de la géomancie ;
De ses quatre visage devenus un seul, il essentialisa les quatre tantras de Brahmâ,
Réunit les calculs de l’enroulement universel et dissipa les ténèbres de l’ignorance.
Puis il découvrit le trésor du ciel des moyens bénéfiques de la guérison
Ainsi que les traités afférents aux bons et mauvais présages et aux calculs divers des armées, des victuailles et des rassemblements de foule.

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